Parce que la souffrance

Parce que la souffrance
Parce que chacun souffre, parce que chacun possède ses propres problèmes. Parce qu'on est pas tous égaux devant les situations difficiles.

Tous ces soins, tous ces gens éc½urants, dégoulinant de bonnes intentions ne font que me donner la nausée. Il y a des blessures qui sont trop profondes, il y a des folies qui sont héréditaires, il y a des maux qui ne guérissent jamais.

On dit que l'amour guérit toutes les blessures, j'aimerais bien voir ça! L'amour est toujours une souffrance supplémentaire. Personne ne peut aimer inconditionnellement, personne ne peut être entièrement dévoué, personne ne peut ne jamais faire de mal à l'autre. Nous sommes humains, égoïstement humains.

Parce qu'il y est des fois où l'on ne peut pas relever, parfois on est trop enfermé dans la culpabilité et la souffrance, parce qu'il y a des cercles vicieux dont on ne peut sortir sans des souffrance encore plus grandes, des déploiements d'efforts insoutenables et d'espoirs insensés. Alors, nous sommes perdus. Nous avons vécu et nous aurions pu être.

La souffrance est un refuge pour ne pas affronter la vie. La souffrance est un petit cocon masochiste qui permet de ne pas voir la réalité et s'enfermer jusqu'à ne plus exister.

Pour tous les gens dépressifs qui ne peuvent s'en sortir, pour tous les gens qui souffrent de l'amour, pour tous les gens trop seuls, vous êtes seul dans votre souffrance, moi aussi. Nous sommes seuls ensemble et souffrons égoïstement, par lâcheté.

Chet Zar, "He Makes Us Dream" -->Ses oeuvres ICI

# Posté le samedi 22 novembre 2008 06:00

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:29

Sombre hallucination

Sombre hallucination
Ecrire. Oui, mais mal écrire. Ecrire toujours mais sans progrès, sans talents. Ecrire à en avoir honte. Parce que le talent ne s'apprend pas, je vous fait partager ma souffrance de mal écrire.


Respiration difficile, souffle rauque et puissant... nuit sombre, paysage de campagne... droite, gauche ? Non, non tout droit, vite, un refuge! Sentiment d'agitation, agitation pourtant apaisante...Noir.

***


Cuir, vitesse, des voix, des mots : voiture.
Il fait nuit sur la route, d'autres hommes sont là, ils savent que les enfants disparus sont enfermés dans une grange en pleine campagne. Le tueur présumé a été repéré, un malade mental paraît-il.
Il fait nuit noire, les hommes éteignent les phares du véhicule pour ne pas être découverts; on approche de la grange, on gare les voitures silencieusement. Les hommes sont armés, tout se passe très vite. On ressent la peur, la peur comme un Homme à peur du loup, de la bête à traquer. Et la bête traquée, pourtant Homme à peur des hommes tel le loup pourchassé. On approche de la grange, il fait nuit noire.

***


Les Hommes savent. Ils n'ont pas vus les yeux eux, ils n'ont pas l'instinct du tueur non, mais ils sentent la peur dégouliner le long de leur âme et cela ne trompe jamais : un danger imminent est là. Le malade mental qui a tué les enfants se trouve dans cette grange. La porte est enfoncée à grands coups de pieds, des cris sont poussés se voulant autoritaires malgré l'angoisse monstrueuse.
« On sait que vous êtes ici, rendez-vous, nous sommes armés et vous ne pouvez pas nous échapper ! ».

***


Mais le loup sait, il sait que la patience est toujours récompensée. Alors, il attend...
Bruit de pas, léger affolement dans le c½ur du tueur, ils montent par l'échelle, dans la réserve à foin. Bientôt viendra sa seule chance de sortir d'ici sans être attrapé.

***


Les Hommes regardent autour d'eux, paniqués mais leur raison persistante leur permet encore de tenir leurs armes. Le tueur est forcément là, en haut, mais où ?

***


Des yeux de loup immenses brillent, mais ce n'est pas une lueur perceptible par un humain non, c'est la lueur du mal qui coule dans ses veines. Attente, souffle court, léger râle.

***

Un Homme décide finalement d'allumer sa lampe torche et la brandit. Quel est le pire? Leur imagination torturée par la terreur ou la vérité brute de l'horreur ? Tout s'éclaire dans la grange et dans leur esprit angoissé.

***


Situation d'horreur inimaginable, choc brut. L'indicible se présente sous leurs yeux, leur esprit ne peut le supporter. La raison leur échappe comme ils fuiraient eux, si leur corps n'était pas paralysé d'effroi. Des armes sont lâchées. C'est le moment tant espéré par le loup pour bondir hors de sa tanière.

***


Quelques coups de feu, tout est flou. Une vision, non réelle, une dernière avant le chaos : les yeux immenses brillent, porteurs d'un mal qui coule dans ses veines malades. Et les enfants, il n'en reste que les têtes, immondes et déformées. L'humanité n'est plus perceptible dans leurs orbites vides. Mille tortures subies, faux sourires inscrits et recousus, petites poupées dépecées, charognes puantes, humanité pourrissante, insoutenable. Insoutenable ! L'½uvre du mal, non : de la folie car un mal pareil, la raison ne peut l'expliquer et pourtant...pourtant....

Le monde tourne et se renverse, NOIR.

Image : Landsape XVIII, Giger, 1973

# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:53

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:31

Le corps

Le corps
"Pas belle", "moche", "trop grosse", "j'aurais voulu être comme elle".

C'est le genre de phrase que toute fille peut se dire à elle même de temps en temps. Lorsque c'est en permanence et que ces pensées deviennent obsessionnelle, on ne peut plus vivre. Chaque autre fille est prétexte au complexe, chaque photo sur le net, les catalogue aussi. On a beau se dire "oui, oui, elles sont anormalement minces, c'est retouché, ce n'est pas ça la beauté" et bien, ça ne rentre pas dans le crâne. On ne peut pas s'empêcher de se comparer aux amies. Pas seulement pour se dire "oh, comme j'aimerais avoir tes cheveux, ou tes jambes" mais pour se dire "je voudrais être toi, comme toi" et ça, c'est pire.

On passe des heures devant la glace. Non, ce n'est pas du narcissisme, mais de la torture. On cherche des positions, des vêtements qui nous mettent en valeur mais au fond, on voit que rien ne va et on sait que rien ne va.
Tous les "tu es belle" du monde ne pourront jamais rien y changer. Toutes les photos sont moches, les photographes sont des ennemis. Impossible de se mettre en valeur devant l'objectif, c'est la paralysie. Une petite voie répète sans cesse "moche, moche, moche" et au final, oui on est moche sur la photo. C'est donc qu'on avait bien raison.

Petit à petit marcher dans la rue au milieu des gens devient difficile, on ne pense qu'à ça. S"assoir quelque part demande une longue étude de comment se positionner pour ne pas être trop moche. Sans cesse se recoiffer, sans cesse vérifier son image dans la glace. Non ce n'est pas de la coquetterie, ni du narcissisme; on se sait pas belle, on sait qu'on peut peut être y faire quelque chose, il faut être belle. Mais pourquoi, pourquoi tant d'importance à l'image, le physique ce n'est pas ce qui compte le plus.
Oui peut être, mais quand on a perdu tout espoir pour la personnalité, il ne reste qu'à être un morceau de viande présentable.

# Posté le dimanche 03 mai 2009 12:14

Souffrance égoïste

Regardez-les se tordre comme d'immondes limaces sur leur canapé, regardez-les fermer les yeux et croire qu'ils sont heureux. Heureux de ne rien faire.
Humanité dépravée! N'as-tu point honte de ton oisiveté. N'as-tu pas la nausée lorsque tu penses que tu es moins que rien.
Non? Non. Car tu ne penses pas, tu ressens. Et tout en toi ne désires que les sensations agréables. Pourquoi ainsi donc tes efforts ne sont dirigés uniquement vers un mieux être? Les mérite tu?

Non, alors pour le mériter que vas-tu faire? T'élever et transpirer sous l'effort. Cet effort c'est celui de la rédemption mais aussi celui de l'égoïsme. Je veux être mieux, je veux apprendre et être meilleur.
A quoi bon? égoïste.

Le seul effort humain non égoïste est celui de la souffrance inutile, celle qui ne mène à rien. Emploi donc ta vie à souffrir les plus imméritées tortures pour sauver ton âme, misérable.
Souffrance égoïste

# Posté le dimanche 03 mai 2009 13:09

La moindre des choses, c'est de se cacher

Tout le monde souffre, absolument tout le monde. Chaque personne est différente mais personne n'est exceptionnel. Tous humains et faibles, tous vains.

Toi qui lit ces lignes et qui souffre à ta manière, qu'est-ce qui te fais tant de mal? Chut, non, ne dis rien. Je m'en fout. Egoïste moi? Non, humaine. Humaine mais non injuste car si tu me demandais, toi qui tends l'autre joue lorsqu'on te gifle, toi qui veux montrer le bon exemple et être compatissant, tu me demanderas :
"Et toi, qu'est ce qui te fait souffrir, pourquoi es-tu en rogne?"
Alors je te répondrai avec calme et sans colère que je ne te le dirai pas.

Pourquoi? Pour être mystérieuse? non. Parce que ma vie privée n'appartient qu'à moi? non plus. Simplement parce que je n'ai pas envie de m'exposer à vos regards de pitié. Je n'ai pas envie de dire "Bouh bouh, je suis malheureuse et en rébellion contre la société" Il est loin le temps de l'adolescence où on en veut à la terre entière, où l'on veut revendiquer son originalité et se présenter comme un être d'exception.
Toi qui hurle tes souffrances ou les laisse habilement devinées, cesse de faire ton pauvre pauvre petit malheureux / pauvre petite malheureuse. Pas la peine de montrer tes cicatrices. Tais toi, oublies toi, tu n'es qu'un humain parmi tant d'autres et tu souffres comme chacun d'eux. Tu souffre à ta manière car nous sommes tous différent mais n'oublies pas : Ta gueule, tu n'as rien d'exceptionnel.

Si tu penses souffrir plus, c'est que tu es plus faible. Si tu as besoin de crier tes souffrances et de haïr la terre entière et te mettant sans cesse en avant, honte à toi.Tu es ridicule.
La moindre des choses, c'est de se cacher

# Posté le lundi 04 mai 2009 07:50